Ce que nous voulons faire différemment en éducation

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Carole Myre

Directrice artistique du Centre d’excellence artistique de l’Ontario au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario, Carole Myre travaille étroitement avec une équipe composée d’enseignants, d’artistes pédagogues et de professeurs privés afin de contribuer au cheminement des élèves, que leurs intérêts les amènent à se passionner pour la danse, le cinéma, l'art visuel, le théâtre, la musique ou la création littéraire.

Aperçu du domaine d’intervention

La disponibilité des institutions

Les crises menant au droit à l’éducation de langue française sont autant de manifestations de volonté de reconnaissance, d’affirmation et de prise de parole.

Ces démarches témoignent de la résilience et de la détermination de francophones partout au pays à défendre et affirmer leurs droits sur la place publique.

Grâce à des efforts collectifs de longue haleine, la francophonie canadienne compte désormais un grand réseau de services en petite enfance, d’écoles, de collèges et d’universités qui soutient l’éducation en français à travers le Canada.

À ce continuum se greffent les écoles d’immersions, les programmes d’apprentissages du français langue seconde et les regroupements qui appuient le bilinguisme.

Ces instances, établissements et ressources participent aussi à la vitalité du fait français au Canada et favorisent un sentiment accru de sécurité linguistique pour tous ceux et toutes celles qui emploient le français au pays.

Malgré les nombreux gains affichés et les chefs de file actifs dans le milieu, il reste encore beaucoup à faire pour optimiser l’apport du milieu de l’éducation au renforcement de la sécurité linguistique au sein de la francophonie canadienne.

Améliorer l’accès aux services francophones en petite enfance, et assurer un accès à l’éducation postsecondaire en français partout, pour chaque individu, sont des incontournables d’une stratégie visant le renforcement de la sécurité linguistique.

Il reste aussi un important travail de consolidation afin d’assurer la continuité d’action et la cohérence du continuum existant.

Un besoin d’harmonisation

Si plusieurs espaces éducatifs brillent déjà par leurs démarches de renforcement de la sécurité linguistique, les approches et succès varient néanmoins d’une région, d’une communauté, voire d’une école ou d’une classe à l’autre.

Ce ne sont pas tous les enseignants et enseignantes qui reçoivent une formation sur la diversité langagière de la francophonie canadienne ou qui sont sensibles au rôle qu’ils et elles peuvent jouer pour renforcer la sécurité linguistique des apprenants.

L’éducation étant une est une compétence provinciale, les politiques et approches en matière d’éducation de langue française diffèrent d’une province et d’un territoire à l’autre. Nul doute que le fait d’harmoniser certaines pratiques serait salutaire sur le plan de la sécurité linguistique.

La reconnaissance accrue des variations et des registres de langue est essentielle au renforcement de la sécurité linguistique. Il est essentiel que les salles de classe deviennent des espaces sécuritaires de prise de parole pour les apprenants et apprenantes.

Les occasions de prise de parole doivent être plus nombreuses, et les apprenants et apprenantes ne doivent pas se sentir continuellement jugés lorsqu’ils et elles emploient le français.

Il semble impératif d’assurer une formation initiale et continue qui outillera les enseignants et enseignantes et le milieu de l’éducation dans la francophonie canadienne tout en multipliant les occasions de prise de parole sécuritaires et valorisantes par les apprenants et apprenantes.

L’apport des parents

Nous savons que l’éducation ne se limite pas aux murs de l’école. La sécurité linguistique dépend aussi de l’accès à toute une gamme d’espaces de vie qui normalisent l’utilisation du français.

Les parents ont particulièrement besoin d’appui et de ressources pour mieux accompagner et épauler leurs enfants puisqu’ils sont à la base de la construction identitaire des jeunes.

Gardons en tête que des générations de francophones ont subi les effets nocifs de l’insécurité linguistique. Ces derniers sont donc mal outillés pour alimenter la confiance et la résilience linguistique de leurs enfants devant eux-mêmes composer avec les stigmates du passé.

Il est impératif que les parents bénéficient de ressources leur permettant de contribuer à la sécurité linguistique de leurs enfants et qu’ils et elles se sentent pleinement parties prenantes des espaces de vie en français.

La communauté éducative, les parents et les autres partenaires de l’éducation sont tous des alliés du renforcement de la sécurité linguistique en éducation. Une part importante du travail doit cependant se faire directement par l’apprenant ou l’apprenante.


Les défis

  1. 2.1Faire de chaque établissement éducatif un bastion de la sécurité linguistique.
  2. 2.2Renforcer la sécurité linguistique des élèves, au-delà de l’école.

Les Stratégies

  1. 2.3Outiller les parents pour qu’ils et elles puissent renforcer la sécurité linguistique de leurs enfants.
  2. 2.4Multiplier et approfondir les liens entre l’école et les autres espaces de vie en français.

Pistes d’action prioritaires

2.5

Assurer une formation initiale et des occasions de formation continue afin que les membres de la communauté éducative puissent parfaire leurs connaissances à l’égard de la francophonie canadienne, des variantes du français et de la sécurité linguistique.

2.6

Intégrer des modules sur la sécurité linguistique, et plus particulièrement la diversité culturelle, régionale et langagière, les registres de langue et les variantes du français aux programmes-cadres partout au pays.

2.7

Multiplier les initiatives qui intègrent les modèles francophones accessibles (artistes, athlètes, chefs de file, etc.) à l’éducation.

2.8

Reconnaître la légitimité des variantes langagières et aider les apprenants et apprenantes à naviguer les multiples registres de la langue.

2.9

Multiplier les occasions de prise de parole sécuritaires et valorisantes afin de bâtir la confiance et la résilience des apprenants et apprenantes.

2.10

Assurer l’accès à l’éducation postsecondaire en français, partout, pour tous et toutes.

Kirindi Reverian

Élève de l’école publique De la Salle, Kirinri Riverian apprend le français depuis son arrivée au Canada il y a cinq ans. Né en Tanzanie et ayant grandi au Burundi, il s’implique grandement au sein de son école afin de permettre la tenue d’activités en français. Il souhaite poursuivre des études en arts visuels et génie.

Autres domaines d’intervention

Tous ont un rôle à jouer dans le renforcement de la sécurité linguistiques des locuteurs et des locutrices d’expression française au pays.

Une approche multigénérationnelle et multisectorielle est encouragée.

Ce que nous voulons faire différemment afin d’atteindre une visée globale

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1

Ce que nous voulons faire différemment sur le marché du travail

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3

Ce que nous voulons faire différemment sur le plan culturel et médiatique

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4

Ce que nous voulons faire différemment sur le plan des politiques publiques

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